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Lettre ouverte au préfet de Vendée

dimanche 30 mars 2014, par Confédération Paysanne de Vendée

La Confédération paysanne de Vendée, le groupement des agriculteurs bio de Vendée (GAB85) et le Groupe de recherche pour une agriculture paysanne, économe et autonome (GRAPEA) a sollicité une rencontre avec Mr Jean-Benoit Albertini, préfet de Vendée afin de lui faire part de leurs grandes inquiétudes concernant les négociations actuelles du cadre de la future PAC. Nous les avons exprimées dans une lettre ouverte que nous lui avons remis le 24 mars 2014.

Monsieur le préfet de Vendée,

Des arbitrages du ministère de l’agriculture sont attendus très prochainement concernant la future PAC et tout particulièrement dans le secteur viande bovine. Nos 3 structures agricoles ont donc souhaité vous rencontrer pour vous alerter sur les conséquences que pourraient avoir ces choix chez les producteurs de viande bovine en Vendée.

Alors que le président François Hollande annonçait au sommet de l’élevage de Cournon en octobre 2013 un soutien significatif vers l’élevage dans la future PAC, 5 mois après c’est la désillusion qui prévaut pour nombre d’entre nous. Toutes les simulations effectuées par nos organismes de gestion vont dans le même sens. Les aides de la future PAC 2014-2020 se verraient réduite de 20 à 30% dans nos systèmes polyculture-élevage en viande bovine.

Et pourtant comme vous le savez certainement, les revenus en viande bovine sont parmi les plus bas de la profession. Dans une fourchette de 10 à 15000 euros par UTH suivant les années. La production attire de moins en moins de jeunes en raison de revenus très faibles en dépit de l’importante des capitaux nécessaires pour s’installer et de conditions de travail pénibles.

Nos structures ont effectué un énorme travail depuis des années dans ce département pour promouvoir une agriculture paysanne créatrice d’emploi, très performante écologiquement, et très proche des aspirations des citoyens grâce au développement de circuits courts de produits de qualité. Mais les futurs arbitrages en terme de couplage viande bovine pourraient bien anéantir tous ces efforts.

En effet, courant octobre 2013, le président François Hollande, en laissant la possibilité aux éleveurs de primer toutes les vaches reproductrices s’engageait dans une voie très dangereuse et une impasse budgétaire. Jusqu’à présent, la PMTVA était versée aux éleveurs détenteurs de droits à produire attribués sur un historique, en fonction du nombre d’actifs et des autres productions (aviculture,…) sur l’exploitation (calcul d’équivalence). Dans notre région où historiquement les animaux sont engraissés et abattus localement, cette mécanique a permis à de nombreuses exploitations de maintenir de la valeur ajoutée en engraissant la totalité des animaux (mâles et femelles) sur l’exploitation.

La libéralisation du nombre de vaches et une enveloppe PMTVA à peine maintenue à 640 millions d’euros a contraint le ministre de l’agriculture à envisager des choix préjudiciables pour la production :

  • Plancher passant de 3 à 10 vaches pour percevoir la prime vache allaitante
  • Suppression de la possibilité d’intégrer les génisses. (40 % étaient primables auparavant)
  • Non plafonnement du nombre de primes par actif. (Auparavant plafonné au nombre de
  • droits détenus par l’exploitation)
  • Possibilité de percevoir la PMTVA à des aviculteurs, céréaliers, producteurs laitiers disposant de moyens de productions déjà conséquents.

Le ministre sous la pression de lobbys puissants semble faire le choix d’une agriculture industrielle, aux produits standardisés. C’est un encouragement très clair à la concentration des élevages avec ses effets néfastes en termes d’autonomie des systèmes, d’environnement, d’emplois paysans et de transmissibilité des exploitations déjà difficile.

Pendant qu’il en est encore temps nous demandons au ministre : De maintenir le plancher de 3 vaches pour percevoir la prime VA pour les petites exploitations car elles sont un vivier d’emploi et de valeur ajouté.

  • De conserver la possibilité de primer les génisses à hauteur de 15 animaux par actif. Actuellement, cette prime aux génisses profite particulièrement aux naisseurs engraisseurs, aux petites et moyennes exploitations, en agriculture biologique et/ou durable et aux jeunes installés.
  • De plafonner le nombre de VA primée à 65 vaches par actif pour éviter l’industrialisation et faciliter la transmission des exploitations
  • De bien mesurer les conséquences d’une référence historique 2013 en réflexion actuellement au ministère.

L’adaptation prévisible dans nos exploitations, pour maintenir le niveau d’aides sera soit l’arrêt de l’engraissement et la diminution des systèmes naisseurs-engraisseurs au profit de systèmes naisseurs. Soit l’arrêt total de l’élevage au profit des céréales et donc une baisse certaine des abattages dans nos régions avec toutes les conséquences sur l’activité des abattoirs et de l’agro-alimentaire.

Les discours sur la transition agro-écologie, le développement durable, l’approvisionnement local doivent s’accompagner de décisions en accord avec ces principes. C’est aussi une question de survie pour de nombreux éleveurs dont la détresse est déjà grande.

Le GAB 85, le GRAPEA et la Confédération paysanne de Vendée attendent donc des décisions conformes aux intérêts de la majorité des paysans, pour sauver l’élevage et les emplois qui s’y rattachent dans nos régions.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos meilleurs sentiments.

Antoine Biteau, président du GRAPEA.

Michel Jolly, porte-parole de la Confédération Paysanne de Vendée.

François Vrignaud¸ président du GAB Vendée

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La délégation à la sortie de la préfecture. De gauche à droite : Francky Chapleau, Christian Drouin, Michel Jolly, François Vrignaud.

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